Choisir un titre pour mes peintures est une tâche que je trouve pénible. Il n’est pas rare que ça me prenne plus de temps à trouver un titre qu’à réaliser la peinture, c’est tout dire! Selon moi, un titre bien choisi devrait capter l’intérêt de l’observateur et diriger son attention sans limiter son interprétation de l’oeuvre, ni son ressenti individuel. Hum… Plus facile à dire qu’à faire.

Méthodes courantes pour le choix d’un titre

Donner un titre à une œuvre ne devrait pas être si compliqué pourtant. Il y a plusieurs façons de s’y prendre. Les plus courantes sont de :

  • mettre l’accent sur le thème ou le concept abordé (paysage, portrait, lieu, émotion, etc.). Exemples : « Souvenirs de jeunesse », « Vacances à la plage ».
  • souligner un aspect présent dans le tableau (objet, couleur, forme, texture, etc.). Ex. : « Maison de campagne », « Ligne bleue sur fond blanc ».
  • nommer l’émotion prédominante générée par l’œuvre : « Amusement », « Exaltation ».
  • donner un titre abstrait ou générique afin de ne pas influencer la lecture personnelle des observateurs. Exemples : « Abstraction #224 », « Création B », « Sans titre #48 »
  • utiliser une description : « Le rocher couvert de mousse », « Composition monochrome décentrée »
  • inventer des mots, piger au hasard, etc.

Malgré tout, ça me prend un temps fou.

La problématique

Le problème, je crois, est que je ressens mes œuvres beaucoup plus que je les perçois émotionnellement ou rationnellement et qu’il m’est difficile de mettre des mots sur ce ressenti. L’autre difficulté à laquelle je bute, et avec laquelle vous êtes peut-être aussi confronté si vous êtes artiste, est le côté directif d’un titre qui tend à limiter l’expérience personnelle de l’observateur.

Le souhait

Alors, comment titrer une peinture sans imposer ou limiter? Après réflexion, je crois que la solution repose dans le choix d’un titre suggestif favorisant la résurgence d’images, de souvenirs et d’émotions personnels à l’observateur plutôt que dans la description pure ou l’appellation froide et factuelle. À mon avis, c’est la meilleure façon de rejoindre le spectateur et de renforcer son lien avec l’œuvre.

Photo Pixabay.com

L’haïku pourrait bien être la solution. (Photo Pixabay.com)

Les haïkus, la solution?

Maintenant, la question est de savoir comment y arriver. En faisant de la recherche via Google, j’ai trouvé une piste très intéressante : les Haïkus

Savez-vous ce que c’est? Il s’agit de très courts poèmes de tradition japonaise suivant toute une série de règles précises. Je ne suis pas une experte dans le domaine et je ne vous ferai pas un exposé détaillé sur le sujet, mais ce que j’ai découvert au sujet des Haïkus et qui est particulièrement intéressant est que ces poèmes visent à créer, chez le lecteur, la contemplation, la réflexion et la conscience plutôt que de décrire et d’influencer dans une direction précise l’expérience de celui qui le lit.

Comme le mentionne l’article « Comment écrire un haïku » sur wikiHow :

« Les haïkus… utilisent le langage sensoriel pour capturer une émotion ou une image. Ils sont le plus souvent inspirés par un élément naturel, un moment de beauté ou une expérience poignante. »

« Le but du haïku est de montrer des moments d’expérience objective, pas de présenter une analyse ou une interprétation subjective de ces événements. Il est important de montrer au lecteur une vérité à propos de l’existence du moment, plutôt que lui dire quelles émotions cela a suscitées en vous. Laissez le lecteur créer ses propres émotions en réaction à l’image… « 

wikiHow

Quant à lui, le poète André Duhaime, définit le haïku comme étant sobre, précis, subtil, dense et sans artifice littéraire.

Principes de base du haïku

Les principes de base du haïku traditionnel sont de :

  • Distiller une expérience
  • Inclure une référence à la saison (parfait pour ma nouvelle série de paysages abstrait ou semi-abstraits)
  • Juxtaposer deux idées
  • Utiliser un langage sensoriel

Euréka! Exactement ce que je cherchais!

Bon, je dois admettre que même s’ils sont courts, les haïkus sont un peu longs pour un titre de peinture, mais je trouve quand même que l’idée derrière tout ça est tout à fait géniale!

Exemples

Voici quelques exemples de Haïku japonais classiques

« Sur la cloche du temple

S’est posé un papillon

Qui dort tranquille. »

Buson

« Que n’ai-je un pinceau

Qui puisse peindre les fleurs du prunier

Avec leur parfum! »

Shoha

« Quand elle fond,

La glace avec l’eau

Se raccommode. »

Teitoku

Finalement

Maintenant, il me reste à m’inspirer de ces principes de base afin de composer les titres de mes futures peintures et voir si cette solution, qui me semble très inspirante en ce moment, est réellement viable à long terme et me permet d’obtenir des titres en harmonie avec mes œuvres, significatifs et suggestifs tout en laissant place à l’interprétation personnelle de chacun…

Liens utiles

Merci de votre présence et à bientôt,

test signature personnalisée_120px

Pin It on Pinterest