Il y a quelques semaines, une lectrice du blog qui va se reconnaître j’en suis certaine, me demandait, à la suite de la publication d’une de mes peintures numériques, s’il m’arrive de douter de pouvoir faire mieux. Je lui ai répondu brièvement pour me rendre contre, par la suite, que sa question ne cessait de me trotter dans la tête. J’ai donc décidé de m’ouvrir à vous sur le sujet en espérant que mon expérience puisse vous aider à passer plus facilement à travers cette peur de ne pas pouvoir faire mieux.

« Est-ce qu’il m’arrive de douter de pouvoir faire une peinture plus achevée, plus réussie? » Oui.

Première réaction

En fait, ma première réaction lorsque je viens de terminer une peinture qui me satisfait tout particulièrement est d’être ravie et souvent même surprise d’avoir pu créer une telle peinture. Je suis enthousiaste et j’ai le goût de la montrer aux membres de ma famille et hâte de la poster sur le blog.

"Témoin solitaire du jour d'après" Peinture numérique intuitive réalisée avec Painter 2015 de Corel. Octobre 2014. © 2014, Louise Lamirande.

« Témoin solitaire du jour d’après »
Peinture numérique intuitive réalisée avec Painter 2015 de Corel.
Octobre 2014.
© 2014, Louise Lamirande.

La pression

C’est par la suite que la pression monte. Est-ce que je vais pouvoir atteindre un même niveau de réalisation à nouveau? Être aussi inspirée? Est-ce que je peux encore faire mieux? Je vis alors une période de doutes. Les peintures subséquentes me paraissent fades en comparaison, ou bien elles me semblent acceptables, mais sans plus. Je ne suis pas aussi enthousiaste et mon niveau de censure créative atteint alors des sommets. J’efface, je détruis mon travail, j’hésite et je ne suis pas satisfaite.

Détail no.1 de la peinture numérique intuitive "Témoin solitaire du jour d'après". © 2014, Louise Lamirande.

Détail no.1 de la peinture numérique intuitive « Témoin solitaire du jour d’après ».
© 2014, Louise Lamirande.

La fuite

Puis vient l’étape de la fuite. Je m’occupe à n’importe quoi d’autre, sauf faire de la peinture. J’ai tellement peur d’être déçue que je fuis un certain temps, jusqu’à ce que je me résonne et que je me force à retourner à l’ordi pour peindre à nouveau.

Lorsque je prends conscience de la peur de l’échec et que je décide consciemment de l’affronter en peignant à nouveau, la peur diminue rapidement et peu à peu, le plaisir de peindre reprend ses droits. Le processus créatif redevient alors plus important que le résultat final.

Détail no.1 de la peinture numérique intuitive "Témoin solitaire du jour d'après". © 2014, Louise Lamirande.

Détail no.1 de la peinture numérique intuitive « Témoin solitaire du jour d’après ».
© 2014, Louise Lamirande.

Ce que j’ai appris

Avec les années, je me rends cependant compte que :

  • J’évolue. Les peintures que j’adore particulièrement aujourd’hui seront tôt ou tard remplacées par d’autres que je vais aimer encore plus. Je ne peux pas m’en empêcher. Je n’aime pas faire du sur place et mes goûts changent. Mes connaissances techniques, ma sensibilité artistique et ma perception des choses aussi. Je suis certaine que je ne suis pas la seule à être comme ça.
  • Tous les goûts sont dans la nature. Certaines peintures que j’aime moins maintenant sont les préférés de certaines personnes aujourd’hui.
  • L’expérience vient en peignant en toutes circonstances. Toutes les peintures, même celles que j’aime moins et celles que j’ai détruites ou laissées de côté, m’apportent l’expérience et l’élan nécessaire pour éventuellement créer une autre œuvre maîtresse (selon ma perception du moment).
  • Le processus créatif est plus important que le résultat final. C’’est lorsque je m’attarde plus sur le résultat final et moins sur le processus créatif que les doutes et les peurs sont les plus présents.
  • Le lâcher prise est essentiel. C’est la plupart du temps lorsque je ne sais plus ni le comment, ni le pourquoi, dans les pires périodes de doute et lorsque je trouve que ce que je fais n’est pas intéressant esthétiquement parlant et que je lâche enfin prise que se manifeste mes peintures les plus réussies.

Un petit conseil

J’espère que ceci redonnera courage à ceux et celles qui doute. Cette période plus ou moins longue vous permettra d’aller de l’avant et de vous dépasser. Le meilleur conseil que je puisse vous donner est de continuer à peindre malgré vos peurs et vos doutes. Ce n’est qu’ainsi que vous aurez l’occasion de prendre de l’expérience et d’évoluer en tant qu’artiste bien sûr, mais aussi et surtout en tant qu’humain.

Quelques mots sur la peinture

La peinture « Témoin solitaire du jour d’après » fait partie de ces peintures habituellement sanctionnées par ma censure personnelle parce que créée dans un creux de vague « post-pièce maîtresse ».  J’ai toutefois décidé de vous la présenter quand même parce qu’elle est l’une des préférées de mon fils et que, malgré tout, j’apprécie certains de ses aspects comme le feuillage aérien et que l’ambiance générale de cette peinture m’intrigue même si je ne saurais dire consciemment pourquoi…

Merci de votre présence et n’hésitez pas à me faire part de votre expérience personnelle et de vos commentaires dans l’espace ci-dessous.

À bientôt,

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