L’autre jour, je regardais une vidéo en ligne présentant les étapes de réalisation d’une peinture réaliste de A à Z et j’ai réalisé deux choses : je ne vous ai encore jamais parlé des étapes à suivre avant même de commencer une peinture et je n’avais pas encore réfléchi aux différences entre ces étapes pour le peintre réaliste et le peintre intuitif. En fait, je ne m’étais pas rendu compte qu’une chose comme celle-là, que je fais tout naturellement sans même y penser, pouvait représenter un défi pour d’autres et qu’il pourrait s’avérer intéressant que je synthétise cette information pour eux. Pour vous peut-être…

Aujourd’hui, c’est le temps de corriger la situation. Je vous présente donc tout d’abord une liste des étapes préparatoires à la réalisation d’une peinture réaliste, puis je vous parlerai brièvement des différences qu’il y a avec  la peinture intuitive et certaines peintures abstraites.

Notez qu’il s’agit d’une généralisation et non une règle absolue qui s’applique à tous et à tous les projets.

« De mémoire d’homme »

Huile et cire d’abeille sur film de polyester.

9×12 po (22,9 x 30,5 cm). Février 2018.

"De mémoire d'homme" Huile et cire d'abeille sur film de polyester. 9x12 po (22,9 x 30,5 cm). Février 2018. © 2018, Louise Lamirande.

« De mémoire d’homme »
Huile et cire d’abeille sur film de polyester.
9×12 po (22,9 x 30,5 cm).
Février 2018.
© 2018, Louise Lamirande.

Les étapes pour la peinture réaliste

Le choix du sujet : Qu’allez-vous peindre? Un bateau échoué, un sentier ombragé, un enfant souriant, une nature morte, une plate-bande fleurie, une scène urbaine, des objets de votre quotidien?

Les croquis, les esquisses : Ils aident entre autres à mieux cerner un sujet, à déterminer les zones d’ombre et de lumière, à comparer une composition à la verticale ou à l’horizontale, à tester des mélanges de couleurs ou des effets. Tout ça aide à s’orienter dans les étapes suivantes.

La représentation du sujet : Quelle ambiance souhaitez-vous créer? Quelle émotion aimeriez-vous susciter? Quels éléments allez-vous inclure dans votre peinture afin d’illustrer votre sujet? Quel type de composition adopterez-vous? Jouerez-vous de l’effet de perspective? En conséquence, quelles couleurs, quelles valeurs, quel niveau de contraste privilégierez-vous? Quel sera l’élément à faire ressortir dans votre tableau. À vous de déterminer vos choix.

Médium, support, format et technique : Avec quel médium comptez-vous peindre votre sujet? Quel support se prête le mieux à votre sujet ou lequel souhaitez-vous employer (toile, papier, bois, etc.)?  Dans quel format? Paysage, portrait, panoramique, carré ou autre? Quelle technique sera utilisée (lavis, glacis, couches épaisses, par addition, par soustraction, collage, un mélange de plusieurs techniques, etc.) ?

La planification des étapes de réalisation. Par exemple, si vous faites de l’aquarelle, avez-vous besoin de liquide à masquer pour préserver le blanc du papier ou non. Si vous désirez réaliser des effets de texture à l’acrylique, allez-vous créer un fond texturé avant même de commencer à peindre ou allez-vous mélanger votre peinture avec un médium spécial au fur et à mesure?

Les études : Ces peintures servent à tester vos idées, votre projet et à approfondir davantage votre connaissance du sujet et la façon dont vous souhaitez le traiter avant de vous lancer pour de bon. Cette étape est particulièrement utile si vous comptez utiliser une nouvelle technique, un nouveau format, ou pour évaluer l’intérêt ou la force de la création d’une série autour d’un même sujet par exemple. Pour les petits projets, cette étape est souvent mise de côté.

La préparation du support, des outils, de la palette. C’est l’étape de la préparation physique des outils de travail et du support. Pose de gesso, d’une couche colorée ou de textures de fond sur le support au besoin. Mise en place du lieu de travail (pinceaux, couteaux à peindre, éclairage, chevalet, etc.) Préparation de la palette. Et plus selon les besoins.

Le dessin : Dessiner ou reproduire le sujet sur le support. Selon les artistes, ce dessin inclut parfois les valeurs.

Et puis, vient la réalisation de la peinture en tant que telle…

Détails de la peinture…

Détail de la peinture : "De mémoire d'homme" Huile et cire d'abeille sur film de polyester. Février 2018. © 2018, Louise Lamirande.

Détail de la peinture :
« De mémoire d’homme »
Huile et cire d’abeille sur film de polyester.
Février 2018.
© 2018, Louise Lamirande.

Détail de la peinture : "De mémoire d'homme" Huile et cire d'abeille sur film de polyester. Février 2018. © 2018, Louise Lamirande.

Détail de la peinture :
« De mémoire d’homme »
Huile et cire d’abeille sur film de polyester.
Février 2018.
© 2018, Louise Lamirande.

Détail de la peinture : "De mémoire d'homme" Huile et cire d'abeille sur film de polyester. Février 2018. © 2018, Louise Lamirande.

Détail de la peinture :
« De mémoire d’homme »
Huile et cire d’abeille sur film de polyester.
Février 2018.
© 2018, Louise Lamirande.

La peinture intuitive

Comme je disais au début de l’article, ce processus préparatoire à la réalisation d’une peinture de style réaliste n’est qu’une généralisation servant à diriger les artistes qui débutent. Les plus expérimentés savent adapter ce processus à leurs besoins et à leurs préférences, bien que les grandes lignes restent les mêmes.

Dans le cas de la peinture intuitive et de la peinture abstraite, la démarche a plus souvent tendance à dévier d’un tel chemin linéaire. Elle varie selon l’artiste et parfois même d’un projet à l’autre chez un même artiste. C’est cette  liberté qui pour moi, rend le processus intuitif en peinture si intéressant, mais c’est aussi ce qui rend ce type d’approche plus déstabilisant pour ceux qui ne sont pas familiers qu’avec la structure plus sécurisante de la peinture réaliste.

Bien souvent, le sujet d’une peinture intuitive ou d’une peinture abstraite est déterminé en cours de processus à mesure que la peinture évolue et non dès le départ ou bien le sujet n’est qu’une intention ou une émotion à transmettre. Parfois, le sujet n’existe même pas. Le peintre laisse alors le spectateur totalement libre de se créer sa propre interprétation de son oeuvre.

Dans le cas de la peinture intuitive, le spontané, l’inconnu et les décisions prises selon le ressenti prennent le plus souvent le dessus sur la planification et toutes les étapes de préparation communes à la peinture réaliste. Bien sûr l’artiste devra quand même prendre des décisions rationnelles comme le choix du support à peindre, celui de limiter ou non sa palette de couleurs, le ou les médiums utilisés, mais il dispose de beaucoup de latitude.

Encore là, il ne faut pas généraliser. Pensez aux peintures abstraites ultra-planifiées et centrées vers un objectif très précis dès le départ; elles existent aussi!

En ce qui concerne la peinture intuitive et la peinture abstraite, je crois que les étapes préparatoires à la création d’une peinture dépendent donc principalement de la prédominance soit du rationnel ou de l’intuitif dans la démarche et le processus créatif adoptés par l’artiste. C’est pourquoi il est quasi impossible d’en dresser une liste sans tomber dans une généralisation excessive.

Finalement, les étapes préparatoires à la réalisation d’une peinture ne sont pas une loi absolue. Elles servent de guide au peintre débutant et surtout à celui qui adopte le style réaliste. Elles me font penser aux cahiers lignés des écoliers apprenant à écrire. Vous savez ces deux lignes entre lesquelles doivent s’inscrire parfaitement les lettres? Après quelque temps, les écoliers n’ont plus besoin de la ligne supérieure pour écrire, un plus tard, ils développent leur propre façon d’écrire mélangeant allègrement les lettres moulées et les cursives. Éventuellement, ils écrivent sur des feuilles blanches non lignées…

Au sujet de la peinture :

La peinture illustrant cet article fait partie de mon exploration actuelle portant sur le paysage en vue de ma future exposition solo  qui aura lieu en septembre prochain à Laval.

Merci de votre présence et à la prochaine,

Autres articles

Pin It on Pinterest