Si vous avez déjà visité une exposition collective de peinture n’ayant aucune thématique particulière, vous avez probablement remarqué à quel point les œuvres y sont disparates. On y retrouve aussi bien des peintures à l’huile qu’à l’aquarelle, de l’abstrait que du figuratif, des portraits que des paysages, de grandes et de petites œuvres. Aucune constance, aucun fil conducteur, aucun indice sur la démarche des artistes. Même si les œuvres, prises individuellement sont magnifiques, l’ensemble est passablement chaotique.

Les séries en peinture offrent une tout autre expérience tant pour les visiteurs d’une exposition que pour les artistes.

"Côte brumeuse" Huile et cire d'abeille sur papier. Format 8 x 10 po (20,32 x 25,4cm). Janvier 2018. © 2018, Louise Lamirande.

« Côte brumeuse »
Huile et cire d’abeille sur papier.
Format 8 x 10 po (20,32 x 25,4cm).
Janvier 2018.
© 2018, Louise Lamirande.

La résistance aux séries

J’ai longtemps résisté à peindre en série. Je suis du genre à m’ennuyer rapidement si j’ai l’impression de refaire encore et encore plus ou moins la même chose. En plus, j’avais tendance à peindre selon l’impulsion du moment sans suivre une démarche particulière à part la recherche du plaisir de peindre.

Les choses ont changé et je peins principalement par séries maintenant. Une série très courte de quelques peintures me permet, par exemple, de mesurer mon intérêt pour une idée, une technique, un type de composition ou une gamme de couleurs, tandis qu’avec une série comportant plus de peintures, me pousse à aller plus loin dans mon exploration et ensuite je dispose d’un ensemble d’œuvres que je peux soumettre à une galerie pour une exposition en solo.

Rétrospectivement, je pense qu’il est tout à fait normal pour l’artiste qui débute d’expérimenter dans tous les sens. On développe des aptitudes, on apprend toutes sortes de choses et peu à peu on découvre un filon qui nous passionne et qu’on souhaite explorer plus en profondeur. C’est là que nous apparait l’intérêt des séries, mais avant on le voit souvent plus comme une contrainte.

Détail de la peinture : "Côte brumeuse" Huile et cire d'abeille sur papier. Janvier 2018. © 2018, Louise Lamirande.

Détail de la peinture : « Côte brumeuse »
Huile et cire d’abeille sur papier.
Janvier 2018.
© 2018, Louise Lamirande.

Avantages et défis des séries

Il faut dire que même si les séries en peinture permettent :

  • d’approfondir un sujet, quel qu’il soit
  • d’explorer différentes possibilités autour de ce sujet
  • d’apprendre de cette exploration approfondie
  • de trouver des solutions à des problèmes de composition ou de langage visuel
  • d’avoir un ensemble d’œuvres à exposer en galerie,

Elles représentent aussi des défis et demandent de la part de l’artiste :

  • de cultiver sa passion du sujet choisi pour la série
  • de la constance,
  • de la persévérance
  • et un engagement personnel dans une démarche à plus ou moins long terme selon l’ampleur de la série.
Détail de la peinture : "Côte brumeuse" Huile et cire d'abeille sur papier. Janvier 2018. © 2018, Louise Lamirande.

Détail de la peinture : « Côte brumeuse »
Huile et cire d’abeille sur papier.
Janvier 2018.
© 2018, Louise Lamirande.

La liberté encadrée

Si vous craignez de perdre votre liberté créative ou de vous ennuyer rapidement en peignant des séries d’oeuvres, essayez la tactique que j’ai utilisée et qui se résume comme ceci : « Encadrer ma liberté! »

Ça signifie peindre librement, mais en ¸s’mposant certaines limites. Je sais que ça semble contradictoire, mais c’est pourtant un bon moyen de constituer une série de peintures.

Lorsque j’ai commencé à peindre en série, la meilleure façon que j’ai trouvée d’avoir une constance entre mes œuvres a été d’utiliser un même format de peinture, une même technique et des effets identiques. Toutefois, j’avais la pleine liberté dans le choix des couleurs, du sujet et de la composition.

Pour une autre série, j’avais choisi de peindre avec différents médiums et dans des formats variés, mais cette fois-là, j’avais un thème commun et une palette de couleurs très restreintes et commune à toutes les œuvres.

Détail de la peinture : "Côte brumeuse" Huile et cire d'abeille sur papier. Janvier 2018. © 2018, Louise Lamirande.

Détail de la peinture : « Côte brumeuse »
Huile et cire d’abeille sur papier.
Janvier 2018.
© 2018, Louise Lamirande.

Les séries en bref

Dans la pratique, les séries en peinture, ça signifie de réaliser plusieurs œuvres autour d’un ou plusieurs éléments communs. Bien que l’élément soit souvent :

  • un message,
  • un sujet,
  • une idée,
  • ou un concept

qui vous tient à cœur et que vous avez envie d’explorer, ça peut aussi être une recherche formelle axée sur :

  • la composition,
  • les couleurs
  • les valeurs
  • une technique
  • une combinaison particulière de matériel d’art
  • des éléments visuels
  • un style,
  • etc.

Selon mes observations, plus vous avez d’éléments communs d’une œuvre à l’autre, plus l’ensemble sera cohérent. Avec le temps, peindre par séries devient de plus en plus naturel et étrangement nécessaire.

Les hors-séries

Lorsqu’il y a des moments pendant lesquels vous souhaitez faire fi de toutes contraintes et explorer tous azimuts, il y a toujours l’option de le faire dans un cahier à croquis, votre journal créatif, de créer des oeuvres hors-séries, ou bien de transformer cette phase de recherche et d’exploration en…. une nouvelle série de peintures expérimentales!

Au sujet de la peinture

La peinture illustrant cet article fait partie d’une série sur le thème du paysage actuellement en développement que je compte présenter lors de ma prochaine exposition solo qui aura lieu un peu plus tard cette année.

Merci de votre présence et à la prochaine,

 

Autres articles

Pin It on Pinterest