Jusqu’à récemment, je n’avais à peu près jamais peins avec du noir et rarement avec une gamme de couleurs restreinte. J’étais une « couleur junkie » comme plusieurs d’entre vous, j’en suis certaine. Cependant, afin d’en apprendre plus sur les valeurs (ombre et lumière), j’ai décidé de faire l’expérience de peindre pendant plus d’un mois avec une palette de couleurs limitées au noir, à l’ocre et au brun. En cours de route, j’ai appris deux ou trois petites choses que je souhaite partager avec vous aujourd’hui…

"L'appel de la terre" Encre de Chine et encre acrylique sur papier Yupo. 5 x 7 po (12,7 x 17,78 cm). Avril 2017. © 2017, Louise Lamirande.

« L’appel de la terre »
Encre de Chine et encre acrylique sur papier Yupo. 5 x 7 po (12,7 x 17,78 cm).
Avril 2017.
© 2017, Louise Lamirande.

Accent sur les autres éléments du design

La première chose que j’ai constatée en adoptant le noir et ces couleurs que j’ai longtemps considérées comme ternes et manquant de vie, c’est qu’en l’absence de couleurs éclatantes, les autres éléments du design ressortent beaucoup plus. Je pense entre autres aux valeurs (ombre/lumière), aux formes, aux lignes, à la texture et aussi à la composition. Adopter une telle palette est donc un excellent moyen de pratiquer ces autres éléments du design. La moindre faiblesse dans ce domaine saute encore plus aux yeux lorsque les couleurs intenses sont absentes.

"Remuer ciel et terre" Encre de Chine et encre acrylique sur papier Yupo. 5 x 7 po (12,7 x 17,78 cm). Avril 2017. © 2017, Louise Lamirande.

« Remuer ciel et terre »
Encre de Chine et encre acrylique sur papier Yupo. 5 x 7 po (12,7 x 17,78 cm).
Avril 2017.
© 2017, Louise Lamirande.

Charge émotionnelle

J’ai aussi constaté à quel point une œuvre en noir, ocre et brun, ou même seulement en noir et ocre sur un fond blanc a le pouvoir d’évoquer une forte charge émotionnelle chez moi. Ç’a été une surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Est-ce que c’est parce que ça me rappelle les photographies d’antan en sépia ou la télévision en noir et blanc de mon enfance? Peut-être est-ce aussi relié à ce que représente le noir pour moi : le deuil, les ordres religieux et le dénuement. Je ne sais pas exactement, mais j’en ressens les effets.

"Terre ancestrale" Encre de Chine et encre acrylique sur papier Yupo. 5 x 7 po (12,7 x 17,78 cm). Avril 2017. © 2017, Louise Lamirande.

« Terre ancestrale »
Encre de Chine et encre acrylique sur papier Yupo. 5 x 7 po (12,7 x 17,78 cm).
Avril 2017.
© 2017, Louise Lamirande.

Regard sur l’environnement

Travailler avec le noir et ces quelques couleurs m’a aussi permis de porter un regard appréciateur sur la nature hivernale et du début du printemps, lorsque les arbres n’ont pas encore de feuilles, que les herbes sont desséchées, et que les nuances de bruns sont à l’honneur. Habituellement, je détestais cette longue période de l’année et me languissait de feuilles vertes et des couleurs éclatantes des fleurs et des fruits de l’été. Cette année, je me suis surprise à aimer les subtilités des bruns et les jeux de lignes des arbustes sans feuilles. La peinture a ce pouvoir-là : changer le regard qu’on porte sur notre environnement.

"Retour à la terre" Encre de Chine et encres à l'acrylique sur papier Yupo. 4 x 6 po (10,16 x 15,24 cm). Mars 2017. © 2017, Louise Lamirande.

« Retour à la terre »
Encre de Chine et encres à l’acrylique sur papier Yupo. 4 x 6 po (10,16 x 15,24 cm).
Mars 2017.
© 2017, Louise Lamirande.

Impact émotionnel et énergétique

Je me suis aussi rendu compte que de peindre avec du brun, de l’ocre et du noir m’aide à garder les deux sur terre et à m’enraciner. C’est une très bonne chose pour moi.

Par contre, peindre avec du noir influence aussi mon humeur et mon niveau d’énergie physique. Il suffit d’une surexposition et je me sens déprimée et fatiguée. Je sais depuis longtemps que les couleurs, que ce soit dans mon environnement ou mes vêtements ont un impact sur moi. Par exemple, j’évite de porter du noir. Un pantalon ou un legging noir ça peut toujours aller, mais seulement à petite dose et pourvu que le haut soit de couleurs vives ou plus claires, sinon je déprime rapidement. Je me sens beaucoup plus paisible et équilibrée habillées de blanc cassé, tandis que l’orange et l’ocre me dynamisent et me donne de la confiance, le vert me régénère, et le bleu m’apaise.

Vous pouvez très bien ne pas éprouver la même chose envers les couleurs. Ça dépend en bonne partie de votre culture, de votre symbolique personnelle et de votre sensibilité. Par exemple, si vous associez le noir à ce qui est chic et au luxe, vous pourriez vous sentir très bien en présence de noir, même à long terme. Ce n’est pas le cas pour moi.

Au sujet des œuvres

Les peintures illustrant cet article font partie de la série d’œuvres à l’encre et à l’acrylique ou bien à l’huile et au médium à la cire d’abeille réalisée au cours de cette expérience. Visitez la galerie d’images en cliquant sur ce lien afin d’en voir plus.

Conclusion

À la lumière de tout ce que j’ai appris au cours de cette expérience de peindre pendant plus d’un mois qu’avec du noir, de l’ocre et du brun, je saisis beaucoup mieux l’intérêt qu’il y a à travailler avec une gamme restreinte de couleurs et particulièrement avec le noir. J’apprécie davantage le travail des artistes fondés sur le noir et le blanc, et je n’éprouve plus la même crainte face à ces couleurs qui m’étaient à peu près inconnues.

Il me reste maintenant à explorer la façon d’intégrer le noir dans mes œuvres plus colorées…

Merci de votre présence et à la prochaine,

Pin It on Pinterest