La cire froide, une autre alternative?

À la recherche de méthodes alternatives pour présenter mes peintures numériques imprimées sur papier d’art et d’éviter l’encadrement sous verre qui devient vite lourd et fragile, j’ai procédé à quelques tests durant les derniers mois. Je me suis particulièrement intéressée au montage sur bois et fait l’essai des techniques de fini qui suivent :

La cire froide Gamblin avec un aperçu du résultat final sur mon estampe numérique. © 2014, Louise Lamirande.

La cire froide Gamblin avec un aperçu du résultat final sur mon estampe numérique.
© 2014, Louise Lamirande.

Aujourd’hui, je vous parle brièvement de mon expérience avec la cire froide.

Tout d’abord, merci à l’artiste et blogueuse Sandrine Pelissier qui, par cet excellent tutoriel (en anglais),  m’a donné le goût de tester l’effet de la cire froide sur mes estampes numériques.

Impression de l’image

Pour tester cette technique, j’ai imprimé l’une de mes peintures numériques dans un format de 10X8 Po, la même grandeur que le panneau de bois que j’avais à ma disposition. Malheureusement, il s’est avéré que la pièce de bois était légèrement plus grande que mon image. Ouppss!! Où est l’erreur? Dans le programme informatique, l’imprimante ou la coupe du panneau de bois? Je ne sais pas, mais il vaut mieux avoir une image plus grande qu’on peut couper par la suite, qu’une image pas assez grande pour couvrir le panneau…

Préparation de l’image et montage sur bois

Pour les étapes de préparation de l’image et de son montage sur bois, référez-vous à mon article publié sur le sujet . Seule l’étape de finition diffère.

Finition à la cire froide

Ne pouvant pas trouver la cire froide de la compagnie Dorland utilisée par Mme Pelissier, j’ai utilisé celle de la compagnie Gamblin à la place. C’est un produit habituellement vendu pour la peinture à l’huile afin de la rendre plus épaisse et plus matte ou comme vernis au fini mat ou lustré selon de degré de polissage de la cire. Elle a une odeur légère de cire d’abeille et de solvant.

L'estampe numérique est collée sur bois. La moitié droite de l'image a été couverte de cire. © 2014, Louise Lamirande.

L’estampe numérique est collée sur bois. La moitié droite de l’image a été couverte de cire froide Gamblin (non sèche). On peut constater que la cire ne modifie pas vraiment les couleurs.
© 2014, Louise Lamirande.

L’application de la cire froide se fait avec un linge non pelucheux un peu comme vous le feriez pour un meuble ou des chaussures. La cire est appliquée sur l’ensemble de la surface puis polie après séchage pour un fini lustré. Soyez patient. La surface restera collante pendant environ 2 jours. Vous pourrez alors la polir.

Estampe numérique avec fini à la cire froide Gamblin.

Toute la surface est maintenant couverte de cire froide Gamblin. Résultat après séchage et polissage de la cire. On voit la texture du papier et l’aspect lustré de la finition. Les couleurs sont aussi intenses qu’elles étaient.
© 2014, Louise Lamirande.

Ce que j’en pense

Les avantages

  • La préparation préalable de l’image au vernis anti-UV à l’aérosol (Golden) permet de protéger les couleurs de la lumière et les empêche de baver lors de l’application de la cire. Suivez les instructions du fabricant pour avoir la meilleure protection anti-UV. La cire seule n’offre pas de protection contre les UV.
  • La cire froide protège efficacement de l’humidité. J’ai fait le test de verser plusieurs gouttes d’eau sur la surface finie, sèche et polie, et elles restaient bien à la surface sans pénétrer la couche de cire.
  • Même après application et polissage de la cire froide, la texture du papier reste visible (voir photo ci-dessus, en haut, à gauche). C’est un bon point en faveur de cette technique.
  • Autre bon point, la cire froide est un produit facile à appliquer. Elle ne laisse pas de traces de pinceaux ou de bulles comme c’est parfois le cas avec un vernis acrylique liquide.
  • Les couleurs de l’estampe gardent leur intensité après cirage et polissage.

L’ inconvénient principal

  • Le principal problème avec la cire froide à mon avis, c’est lorsqu’on regarde l’œuvre légèrement de côté. On peut alors voir les traces de polissage et les éraflures. Il faut dire que je ne me suis pas gênée pour manipuler rudement ce test afin de constater les limites de la technique. Sachez qu’il est toutefois possible de retoucher la surface pour améliorer son apparence. Vaudrait tout de même mieux manipuler l’œuvre avec soin.

Mes interrogations

Il y a trois choses que ce test ne m’a pas permis d’apprendre :

  • La résistance à la chaleur du fini. Est-ce que la cire peut fondre à la chaleur lors de la livraison en camion par exemple?
  • La résistance au jaunissement à long terme. Est-ce que la cire y est totalement résistante?
  • L’entretien de la surface.

Les réponses de Gamblin

Pour trouver des réponses à ces questions, j’ai contacté Gamblin par courriel et reçu avec plaisir une réponse très complète à mes interrogations. Voici en gros ce qui m’a été répondu…

  • Pas de jaunissement et retrait possible

La cire froide Gamblin n’est pas sujette au jaunissement, toutefois, s’il devient nécessaire de l’enlever, c’est possible de le faire avec le Gamsol (essence minérale inodore de la même compagnie). Le processus n’endommagera pas l’œuvre sur papier si elle est protégée par plusieurs couches du vernis acrylique de conservation Golden. Lorsque le Gamsol est évaporé, il ne restera plus qu’un résidu de cire à la surface.

  • Résistance à la chaleur

La résistance à la chaleur d’une œuvre sur papier protégée avec un fini à la cire froide Gamblin est la même que celle d’une bougie. Ça ne pose habituellement pas de problème dans des conditions normales d’exposition, il est toutefois recommandé de prendre un soin particulier lors de l’expédition des œuvres en les emballant de sorte que rien ne touche la surface finie à la cire.

  • Entretien de la surface

Pour ce qui est d’enlever la poussière qui pourrait s’accumuler à la surface de l’œuvre, Gamblin suggère une brosse douce. Un simple chiffon non pelucheux pourrait aussi fait l’affaire, mais dans ce cas, il est possible que la surface devienne plus lustrée.

En conclusion

Le fini à la cire froide me semble une alternative très prometteuse à l’encadrement traditionnel sous verre pour mes estampes numériques. Il me reste toutefois à éclaircir certains points avant de me lancer :

  • Son effet sur une plus grande surface. C’est surtout les traces de polissage qui m’inquiètent ici.
  • Du fait du montage de l’estampe sur bois avec un médium et un vernis acrylique, puis l’application d’un fini à la cire, devrais-je considérer l’estampe comme une œuvre en techniques mixtes? Qu’en  est-il de la numérotation des estampes et de la possibilité d’en imprimer plusieurs?

C’est à tester et à réfléchir…

Merci de votre présence et à bientôt,

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