À la recherche d’une encre pour travailler sur le papier Yupo, sans odeur, à séchage rapide, résistante à la lumière et avec laquelle je peux obtenir de beaux effets de texture, j’ai procédé à des tests avec l’encre Sennelier cette semaine. Le résultat est consigné dans mon journal visuel expérimental et je le partage avec vous aujourd’hui.

Les 2 bouteilles d'encre Sennelier utilisées pour les tests et un aperçu d'une des page de mon journal. Février 2015. © 2015, Louise Lamirande.

Les 2 bouteilles d’encre Sennelier utilisées pour les tests et un aperçu d’une des page de mon journal.
Février 2015.
© 2015, Louise Lamirande.

Description

L’encre Sennelier est à base de gomme-laque, une résine sécrétée par un insecte : la cochenille. Elles sont vendues dans de jolis flacons de verre de 30 ml incluant une pipette.

La gamme comprend une trentaine de couleurs incluant l’or, l’argent, un diluant, une teinte neutre et un blanc opaque.

Les encres Sennelier se mélangent entre elles et sont transparentes (pourvu qu’on modère l’épaisseur de la couche et qu’on évite de trop les superposer).

Vue des tests réalisés consignés avec les encres Sennelier dans mon journal visuel. Février 2015. © 2015, Louise Lamirande.

Vue des tests réalisés consignés avec les encres Sennelier dans mon journal visuel.
Février 2015.
© 2015, Louise Lamirande.

Mes observations

Voici quelques-unes de mes observations liées aux tests faits avec les encres Sennelier sur papier Yupo.

Notez que pour effectuer ces tests, j’ai utilisé deux flacons : le Bleu de Cobalt (303) et le Jaune Citron (501). Notez également que les tests n’ont pas reçu de protection anti-UV afin que vous puissiez avoir une meilleure idée du fini réel.

  • Très faible odeur. L’odeur de l’encre est si discrète qu’il est possible d’utiliser les encres dans la maison pendant l’hiver sans à avoir à porter un masque ou un système de ventilation sophistiqué.  C’est déjà un excellent point selon moi.
  • Diluables à l’eau. Elles ont une belle couleur intense lorsqu’elles sont peu ou pas diluée. Bien que je ne l’aie pas essayé, je suppose qu’en utilisant le diluant vendu par Sennelier, la couleur garderait plus de brillance que diluée avec simplement de l’eau et une meilleure adhérence sur la surface lisse du papier Yupo.
  • Fini lustré. Une fois sèche, l’encre donne un agréable fini lustré qui est atténué si l’encre est diluée à l’eau ou à l’alcool. Encore une fois, le diluant fabriqué par Sennelier devrait limiter cette variation dans l’aspect du fini. Personnellement, je n’y vois pas d’inconvénient puisque la pose d’un vernis de protection va homogénéiser la peinture finale.
Détail d'un des tests figurant sur la page gauche du journal. La photo donne une idée de la luminosité des couleurs et de brillance du fini. Février 2015. © 2015, Louise Lamirande.

Détail d’un des tests figurant sur la page gauche du journal.
La photo donne une idée de la luminosité des couleurs et de brillance du fini.
Février 2015.
© 2015, Louise Lamirande.

  • Faible résistance à la lumière. Malheureusement, comme bien des encres, celles de Sennelier ne sont pas résistantes à la lumière et doivent être protégées par un fixatif ou un vernis anti-UV.
  • Séchage rapide. Le temps de séchage est rapide sur papier poreux, mais sur Yupo, et selon l’épaisseur de la couche, c’est beaucoup plus long que pour les encres à base d’alcool que j’aime tant (Adirondack).
  • Résistance relative à l’eau après séchage. Si elle est appliquée en couche épaisse, l’encre sèche résiste à la vaporisation d’eau à sa surface. Par contre, si la couche est plus légère ou même très mince, elle se dispersera rapidement au contact d’un peu d’eau. Il serait intéressant d’essayer l’ajout du diluant Sennelier afin d’améliorer l’adhérence de l’encre sur le Yupo.
Détail du test de la page de droite. On peut voir la différence d'intensité de la couleur lorsqu'elle est diluée ou non (grande masse bleue). Février 2015. © 2015, Louise Lamirande.

Détail du test de la page de droite. On peut voir la différence d’intensité de la couleur lorsqu’elle est diluée ou non (grande masse bleue).
Février 2015.
© 2015, Louise Lamirande.

  • Faible pouvoir tachant sur Yupo. Le pouvoir tachant des couleurs que j’ai essayées est faible. Si on retire l’encre sèche du Yupo avec de l’eau ou de l’alcool isopropyl, il reste très peu de couleur marquant le papier, ce qui fait qu’on peut retrouver le blanc initial assez facilement ou un blanc très légèrement teinté. Intéressant à savoir.
  • Pipette pratique mais… Contrairement aux encres à l’alcool Adirondack ayant un distributeur à la goutte intégré à même la bouteille (voir ici), la pipette des encres Sennelier demande une manipulation plus soigneuse. Le flocon de verre est stable sur une surface plane. Malgré tout, j’ai réussi à faire un joli dégât en renversant mon flacon d’encre bleu à force de l’ouvrir et de le fermer tout en le gardant à la main. Sur ce point, j’aurais préféré un embout similaire aux encres Adirondack, mais je comprends que ce n’est pas pratique pour les amateurs de calligraphie qui trempent leur plume directement dans le flacon ou pour ceux qui font la même chose avec un pinceau.
  • Formation de bulles avec la pipette. L’application de l’encre à la pipette fait parfois des bulles. En guise d’expérience, j’ai choisi d’en laisser quelques-unes et de voir ce que ça donne. La bulle sèche telle quelle avec son fragile dôme de gomme-laque. Comme vous pouvez le deviner, ce dôme ne résiste pas au frottement. Lorsqu’on le touche, il se brise et laisse la forme d’un cratère légèrement en  relief particulièrement intéressant visible sur la photo ci-dessous.
Autre détail provenant de la page de gauche. Regardez l'effet créé par les bulles d'encre. Février 2015. © 2015, Louise Lamirande.

Autre détail provenant de la page de gauche.
Regardez l’effet créé par les bulles d’encre.
Février 2015.
© 2015, Louise Lamirande.

Comparaison Sennelier –  Adirondack

Maintenant, si je compare les encres Sennelier et les encres Adirondack (avec lesquelles je travaille le plus souvent) et leur utilisation sur papier Yupo…

Sennelier

  • À base de gomme-laque
  • Solvable à l’eau
  • Odeur négligeable
  • Séchage rapide
  • Réactivité moins intéressante à l’alcool isopropyl
  • Fini brillant lorsque non dilué
  • Résistante à l’eau, mais non permanente. Très fragile l’encre est diluée à l’eau
  • Effets d’accumulation de matière plus difficile à obtenir selon la technique que j’utilise.
  • Besoin d’une protection contre les UV

Adirondack

  • À base d’alcool
  • Solvable à l’alcool
  • Odeur forte et irritante pour les poumons
  • Séchage très rapide
  • Fascinante réactivité au contact d’alcool ispropyl
  • Fini brillant lorsque non dilué
  • Très bonne résistance à l’eau une fois sèche
  • Bel effet d’accumulation de matière lorsque manipulée sur le Yupo
  • Résistante à la décoloration, mais non permanente selon le fabricant. Une protection anti-UV est donc préférable
L'envers de l'un des tests que j'ai numérisé pour vous montrer. Une belle surprise vous ne trouvez-pas? Février 2015. © 2015, Louise Lamirande.

L’envers non retouché de l’un des tests que j’ai numérisé pour vous montrer. Une belle surprise vous ne trouvez-pas?
Février 2015.
© 2015, Louise Lamirande.

Conclusion

En résumé, les encres Sennelier offrent plusieurs avantages non négligeables, mais elles n’ont pas certaines des caractéristiques que je recherche en ce moment.

J’ai l’impression que le papier Terraskin serait plus approprié à l’utilisation de ces encres. La surface de Terraskin est reconnue pour être lisse, mais en faits, elle a une très, très fine texture qui, je crois, augmenterait l’adhérence des encres à sa surface.

De plus, la brillance et la transparence des couleurs des encres Sennelier seraient mises en valeur en les juxtaposant à de l’encre de Chine noire et opaque.

D’autres voies créatives à explorer dans le futur…

Lien utile

  • Sennelier Page informative sur les encres, ainsi que le nuancier.
Merci de votre présence et à bientôt,

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