Vous arrive-t-il d’avoir des doutes et de ne pas savoir si la peinture sur laquelle vous travaillez est réellement terminée ? Comment savoir quand pousser une peinture plus loin ou quand il est le temps d’arrêter ? C’est une question que se posent bien des artistes et apprentis artistes et, pour être honnête avec vous, il n’existe pas de réponse universelle. Lorsqu’il est question de décider si une peinture est terminée ou ne l’est pas, la réponse est subjective et repose entièrement sur la décision de l’artiste.

Dans cet article, je vais vous donner quelques indications et des astuces qui, je l’espère, vous aideront à décider si une peinture est terminée ou non, mais au bout du compte, c’est vous l’artiste. C’est vous qui décidez !

Photo : JaneMarySnyder/Pixabay.com

Les principales approches

Quand il s’agit de prendre la décision de continuer une peinture ou de la dire terminée, on distingue principalement deux approches et une fusion des deux. Les voici :

L’approche intuitive

  • Dans l’approche intuitive, vous savez intuitivement ou par instinct que la peinture est terminée. Certains auront une sensation viscérale (gut feeling) ou éprouveront un sentiment de satisfaction, tandis que d’autres feront l’expérience d’une sensation de complétude ou de détachement. L’expérience peut varier d’une personne à l’autre, mais il s’agit essentiellement d’une perception intuitive. Tant que l’artiste ne capte pas le message, il continue à travailler sur son œuvre.

L’approche rationnelle

  • Dans l’approche rationnelle, les différents aspects d’une peinture sont analysés rationnellement.  Si des faiblesses sont détectées, alors l’artiste poursuivra son œuvre jusqu’à pleine satisfaction. Lors d’une telle analyse, les éléments comme le respect de l’intention de départ, l’exactitude des proportions ou de la perspective, l’efficacité de la composition, le choix et l’harmonie des couleurs, l’expressivité dans les coups de pinceau, la répartition des formes, le chemin parcouru par le regard de l’observateur, l’atmosphère désirée, et autres seront tous des points à prendre en considération.
  • Un bon livre pour en connaître plus sur l’évaluation rationnelle d’une peinture est à mon avis celui de Nancy Reyner dont je parle sur ce billet de blog. À ma connaissance, il n’existe cependant pas en version française.

La fusion des deux

  • Et puis, il y a les multiples variantes entre ces deux approches faisant en sorte que l’artiste tient compte non seulement de son intuition, mais aussi des différents aspects visuels de la peinture.

Laquelle des approches est la plus appropriée pour vous? Ce n’est que l’expérience qui va vous permettre de le découvrir.

La perfection et le détachement

Selon Leonard de Vinci, « l’art n’est jamais terminé, mais seulement abandonné ». C’est pourquoi bien des artistes vont travailler et retravailler leurs œuvres pendant des mois, voire même des années.

Autant la recherche de la perfection aide à améliorer vos connaissances et vos aptitudes, autant, elle peut devenir une nuisance lorsqu’il s’agit de savoir quand terminer une œuvre. Se mêle à tout ça, chez certains artistes (et peut-être chez vous aussi), une difficulté à lâcher prise et à se détacher de leurs œuvres. Ils vont alors les garder près d’eux et les retoucher pendant des années.

Il faut savoir qu’il est normal que vos connaissances et vos compétences en peinture s’améliorent avec le temps. Selon votre rythme d’apprentissage, il est fort probable que des œuvres que vous avez faites il y a plus d’un an vous paraissent déjà plus faibles que ce que vous pourriez accomplir maintenant parce que vous avez appris au cours des derniers mois des choses que vous ne saviez pas et acquis une meilleure maîtrise de votre art. La tentation est alors forte de retoucher une de ces « vieilles œuvres » ou de la détruire. C’est un choix personnel. En ce qui me concerne, je préfère considérer ces peintures comme des témoins de mon passé et passer à d’autres choses, mais je comprends très bien que vous puissiez voir les choses différemment.

Ma façon de faire et la prise de risques

J’utilise une approche à la fois intuitive et rationnelle pour décider si une peinture est terminée ou non. Je me fie d’abord à mon instinct, puis je prends le temps de jeter un coup d’œil aux aspects plus techniques de l’approche rationnelle. C’est toutefois mon instinct qui a toujours le dernier mot.

Je reste aussi à l’affût de la peur du risque qui a tendance à pointer le bout de son nez lorsque j’aime certaines parties d’une peinture, mais pas toutes. J’aimerais modifier la peinture, mais j’ai peur de perdre ce que j’aime. La peur se manifeste aussi lorsque j’ai fait une œuvre qui est bien, mais que je sens que je suis resté trop dans le confort et les habitudes et que j’aurais dû prendre plus de risques.

Si la peur est présente, je sais par expérience qu’il faut que je continue à peindre malgré les craintes. Oui, je risque de tout gâcher, mais si je ne prends pas de risques et que je cède à ma peur, je ne serai finalement pas satisfaite de ma peinture… ni de moi-même.

Des astuces pour vous aider

Si vous n’arrivez pas à savoir si votre peinture est terminée, voici (sans ordre précis) quelques trucs pour vous aider :

  • Prenez du recul. Laissez la peinture de côté pendant au moins quelques heures. Faites d’autres choses et jetez-y un regard neuf. Chez moi, ça fonctionne à tout coup. Je perçois beaucoup mieux les éléments à corriger ou à améliorer sur une peinture le lendemain matin. Parfois, j’ai aussi le plaisir de découvrir qu’une peinture que je trouvais vraiment médiocre me réserve de belles surprises finalement!
  • Faites une analyse rationnelle des différents aspects de la peinture. S’il y a des éléments qui vous agacent ou si vous détectez des erreurs, voyez comment vous pouvez corriger la situation sans aller trop loin et perdre toute spontanéité. Gardez à l’esprit que les imperfections sont parfois ce qui rend une peinture vivante.
  • Regarder l’œuvre de loin. Si vous travaillez à plat sur une table ou à une faible distance de votre peinture,  essayez de mettre votre œuvre à la verticale comme si elle était accrochée sur un mur et éloignez-vous. En général, une peinture devrait être intéressante autant de loin que de près. De loin, elle devrait avoir le pouvoir de vous intriguer, d’accrocher votre regard et vous donner le goût de vous rapprocher pour la voir de plus près. De près, la peinture devrait aussi vous offrir un plaisir visuel par sa texture par exemple, l’expressivité des touches de peinture, la superposition des couleurs, ou autre.
  • Jetez un regard différent sur votre œuvre. Tournez la peinture de 180 degrés de sorte que sa « tête » soit en bas ou regardez son reflet dans un miroir. Ce sont deux trucs classiques souvent recommandés pour la peinture et le dessin de style réaliste, mais c’est aussi efficace pour les œuvres abstraites.
  • Photographiez votre peinture. C’est encore une autre façon de porter un regard différent sur votre travail. Profitez-en pour mettre votre photo en noir et blanc à l’aide d’une application; ça vous permettra de rapidement détecter un manque de contraste.
  • Vos objectifs et vos défis ont-ils été atteints?  Si vous vous étiez-vous fixé un ou plusieurs objectifs ou défis à réaliser avec cette œuvre, les avez-vous atteints? Par exemple, si vous vouliez explorer une nouvelle technique, un mélange de couleurs inhabituel ou transmettre un message ou une émotion particulière, y êtes-vous arrivé?
  • Écoutez votre instinct, votre intuition. Que vous dit votre instinct? Quel est votre feeling, votre ressenti au sujet de votre peinture? Est-elle terminée?

Conclusion

Finalement, savoir quand terminer une peinture est quelque chose que nous apprennons avec le temps et l’expérience, même si ça ne nous met pas à l’abri des erreurs.

Merci de votre présence sur le blog et à très bientôt,

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