Est-il trop tard ? Suis-je trop vieille pour faire ça ?

par | 24 Oct, 2019

Photo : Pixabay.com

Peut-être êtes-vous dans la situation suivante… Vos cheveux grisonnent, les enfants sont grands, la retraite est pour bientôt. Vous avez plus de temps pour vous qu’avant et vous pensez à faire de la peinture, cependant vous hésitez et vous vous demandez : est-il trop tard pour commencer ? Suis-je trop vieux ou trop vieille pour m’y remettre ?

Selon moi, il est rarement trop tard pour commencer ou recommencer à faire de la peinture. Toutefois, il vous faudra tenir compte de vos motivations, de vos attentes et de vos limites.

Le besoin intérieur avant tout

Si votre objectif est d’apprendre la peinture en un temps record, de multiplier les expositions prestigieuses et de devenir célèbre, vous pourriez être déçu. Bien que des exceptions soient possibles, les artistes devenant célèbres à un âge avancé ont habituellement une longue carrière de plusieurs décennies derrière eux. De plus, les galeries les plus prestigieuses offrent peu d’opportunités aux artistes inconnus et vieillissants. Ils existent pour faire de l’argent après tout!

Ça ne signifie pas que vous devriez renoncer à faire de la peinture. Je crois que toute démarche artistique devrait d’abord être motivée par un besoin intérieur et non par une recherche de reconnaissance venant de l’extérieur. La peinture devrait être avant tout quelque chose que vous faites pour vous et non pour les autres. Si faire de la peinture vous fait du bien et que ça vous rend heureux (se), mettez de côté vos désirs de performance, votre esprit de compétition et votre recherche de la perfection et faites-en sans vous poser tout un tas de questions et vous imposer des barrières qui n’existent pas réellement.

Et puis, si vous souhaitez ensuite montrer votre travail, il y a aura toujours votre famille, les réseaux sociaux, une page Facebook, un compte Instagram, un site internet, les cafés, les restos, les petites galeries moins sélectives, les regroupements d’artistes, les symposiums ou autre.

Adapter sa pratique et son apprentissage

Lorsque vous commencez à peindre tard dans votre vie, il est fort probable que votre concentration, votre niveau de résistance au stress ou votre santé ne soient plus ce qu’ils étaient lorsque vous aviez 20 ans. Vous devez donc adapter votre apprentissage et votre pratique de la peinture en conséquence.

Par exemple, si vous souffrez d’arthrite rhumatoïde aux mains et que vos articulations sont déformées, il vous faudra développer des stratégies permettant de peindre tout en limitant la douleur comme de choisir des pinceaux légers avec un manche large et de diminuer la durée et la fréquence des séances.

Autre exemple… Si vous avez des problèmes respiratoires, vous aurez avantage à choisir un médium dégageant peu ou pas de poussières et non toxique.

Considérez aussi l’espace dont vous disposez pour faire de la peinture. Par exemple, si vous logez dans un tout petit appartement et que vous devez peindre sur un bout de comptoir parce que c’est la seule surface disponible, il sera préférable de choisir un médium peu encombrant, rapide à ranger, peu odorant et non toxique comme l’aquarelle et de créer des oeuvres de petite taille.

Si vous n’aimez pas peindre seul, peut-être y a-t-il un local à vocation communautaire dans l’immeuble où vous habitez dans lequel vous auriez le droit de faire de la peinture tout en y rencontrant d’autres locataires. Vous pourriez aussi vous joindre à une association d’artistes, dont les membres se regroupant chaque semaine pour créer et échanger entre eux.

Vous ne connaissez pas les organismes et les services offerts près de chez vous ?  Contactez le service des loisirs de votre municipalité et informez-vous des services offerts aux aînés, jetez un coup d’œil au journal local et les babillards publics, questionnez votre marchand de matériel d’art local ou faites une recherche sur internet. Si malgré vos recherches vous ne trouvez pas ce qui vous convient ou que vous préférez apprendre chez vous par vous-même, il y a maintenant une panoplie de cours et de tutoriels en ligne (gratuits ou pas), en plus des classiques livres qui peuvent vous aider dans votre apprentissage. Si l’expérience vous tente, lancez-vous !

Photo : Pexels.com

Les avantages

Lorsque vous faites de la peinture tard dans votre vie, vous bénéficiez de plusieurs avantages dont…

La maturité. Vous êtes mature et vous avez une meilleure connaissance de vous, de ce que vous aimez et de ce que vous n’aimez pas. Tout ce bagage accumulé avec les années est une source incroyable d’inspiration lorsque vient le temps de peindre. En plus, vous n’avez plus rien à prouver à personne. Vous avez de quoi à dire et des souvenirs à raconter, faites-le !

Le temps. Avec l’âge, vous devenez maître de votre temps. Peut-être que vous avez moins d’énergie qu’avant, mais vous pouvez gérer le temps que vous avez comme il vous plait.

Les économies. Si vous avez mis de côté de l’argent toute votre vie, il est probable que votre situation financière vous laisse maintenant libre de faire de l’art selon vos goûts et vos impulsions sans devoir tirer un revenu de la vente de vos œuvres. C’est une liberté que bien de jeunes créateurs qui peinent à payer leurs factures aimeraient avoir.

Un mieux-être global. Et puis, il y a plusieurs bienfaits au point de vue de la santé physique, émotionnelle et de la sensation de bien-être en général à être créatif en prenant de l’âge. J’en ai parlé dans l’article du blog intitulé « Mieux vieillir en ayant une vie créative ». Une raison de plus de dire oui à votre envie de peindre ou de créer malgré vos cheveux blancs et l’âge qui laisse ses marques.

Finalement…

N’hésitez plus ! Nouez ou renouez avec l’expérience de peindre et de créer. Avec quelques ajustements si nécessaire, de vraies raisons et des attentes raisonnables, il n’y a pas de raison de vous passer des plaisirs de créer et des bienfaits que ça a à court, moyen et long terme.

Merci d’être là et à bientôt,

Louise

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