Quelle est votre motivation profonde pour faire de la peinture? Je sais. J’ai déjà abordé cette question dans un article du blog intitulé « Pourquoi faites-vous de la peinture? », mais le fait est que plus je réfléchis à cette question, plus je découvre qu’il y a plusieurs réponses selon le degré de profondeur auquel je suis prête à plonger. C’est pourquoi, je parle encore une fois de ce sujet aujourd’hui. Peut-être que ça vous donnera le goût de plonger vous aussi !

Au départ, le plaisir et la liberté

Pendant des années, j’ai pensé que ma motivation profonde pour faire de la peinture était surtout reliée au plaisir que ça me procure lorsque j’en fais. Toutefois, l’an pensé, je me suis rendu compte que sous ce plaisir, il y avait un besoin de liberté. Vous connaissez cette sensation, lorsqu’on commence une peinture et que tout est possible? Cette ouverture vers l’inconnu, cette sensation d’excitation à l’idée d’avoir la possibilité de créer ce qu’on veut, de la manière dont on le souhaite, celle de créer à partir de rien? Oui, j’avais vraiment l’impression d’avoir enfin mis le doigt sur ma motivation profonde à faire de la peinture.

Le dénominateur commun et l’équilibre

J’ai toutefois gardé cette question du « pourquoi je fais de la peinture » en tête et il y a peu, j’ai pris conscience d’un puissant dénominateur commun à tout ce que j’ai fait en peinture depuis 2011. Il s’agit de mon besoin de me connecter davantage au réel et à la terre.

Décoller du réel est une chose facile et une tendance naturelle chez moi. Je n’ai jamais eu besoin de drogue pour y arriver. En fait, le plus difficile dans mon cas est plutôt de vivre dans le réel et d’y rester. Je travaille à trouver l’équilibre entre le concret et l’intuitif, entre la réalité et le spirituel, entre le monde physique et l’invisible depuis plus de 25 ans maintenant. La peinture est l’un des outils qui me permettent de cultiver cet équilibre.

Pour me ramener sur terre

J’ai recommencé à peindre en 2011 en utilisant le médium numérique. À l’époque, je réalisais des œuvres abstraites dans un état de transe ressemblant à l’hypnose. Le problème auquel j’ai dû faire face en créant de cette façon est que je n’arrivais pas toujours à revenir à un état normal après la transe. Plus la transe était longue et profonde, plus j’avais de la difficulté à revenir à 100% dans le monde réel.

Ci-dessous, l’une de mes peintures numériques créés en état de transe.

Peinture numérique abstraite par l'artiste Louise Lamirande.

« Flux intense ». Peinture numérique. Août 2013.
© 2013, Louise Lamirande.

Pour ceux et celles qui se demandent à quoi ça peut bien ressembler de ne pas être à 100% dans le réel, imaginez qu’une partie de vous vole en montgolfière, tandis que l’autre reste sur terre. Il y a une sensation de flottement. On n’est pas tout à fait là.

Cet état est propice aux expériences spirituelles, à l’intuitif, et, selon mes observations, diminue notre capacité à ressentir la douleur physique et les troubles émotionnels, cependant, à long terme, et si notre lien à la terre est trop faible, cet état favorise, entre autres, les malaises et les maladies physiques, le manque de concentration, la difficulté à réaliser ses idées ou à poser des actions concrètes.

Pensez à un arbre majestueux s’élançant vers le ciel. Si ses racines sont profondes, l’arbre résistera aux vents et aux tempêtes. Si par contre ses racines sont fragilisées ou pas assez profondes, il se déracinera facilement. Des racines profondes sont nécessaires si on souhaite s’élancer vers le ciel.

Pour m’aider à m’ancrer à la terre et à avoir des racines plus profondes, je me suis mise, peu à peu, à peindre en position debout (afin de solliciter davantage mon corps physique) avec des médiums réels comme des encres, l’acrylique et, plus tard, l’huile. En même temps, j’ai cessé de peindre en état de transe. Je créais de façon intuitive en favorisant plutôt un état de conscience du moment présent bien ancré dans la vie réelle au lieu de laisser mon esprit s’envoler dans les airs.

Ci-dessous, une peinture réalisée dans ce nouvel état d’esprit plus ancré dans le réel.

"Sortilège" Peinture à l'huile et cire d'abeille sur film de polyester. 24x18 po (61x45,7 cm) Février 2017. © 2017, Louise Lamirande.

« Sortilège »
Peinture à l’huile et cire d’abeille sur film de polyester.
24×18 x 1 5/8 po (61 x 45,7 x 4 cm)
Février 2017.
© 2017, Louise Lamirande.

Graduellement, j’ai vu apparaître, sans vraiment le vouloir, des paysages dans mes œuvres abstraites. J’ai donc pris la décision, vers la fin de 2017, d’explorer la peinture de paysages comme moyen de me rapprocher encore davantage de la terre et du réel.

Ci-dessous, le paysage devient de plus en plus présent dans ma production artistique.

"Je reviendrai" Huile et cire d'abeille sur papier. Format 8 x 10 po (20,32 x 25,4cm). Décembre 2017. © 2017, Louise Lamirande.

« Je reviendrai »
Huile et cire d’abeille sur papier.
Format 8 x 10 po (20,32 x 25,4cm).
Décembre 2017.
© 2017, Louise Lamirande.

Dernièrement, j’en suis venu à faire du monotype en réduisant ma palette de couleur. Le noir et le sépia sont devenus des moyens d’explorer la composition et les valeurs bien sûr, mais aussi de renforcer mon lien avec la terre avec des couleurs associées au sol et aux rochers.

"La vie n'est pas une ligne droite" Monotype à l'acrylique sur papier. 8 x 10 po (20,3 x 25,4 cm) sur papier 11 x 14 po (27,9 x 35,6 cm). Février 2019. © 2019, Louise Lamirande.

« La vie n’est pas une ligne droite »
Monotype à l’acrylique sur papier.
8 x 10 po (20,3 x 25,4 cm) sur papier 11 x 14 po (27,9 x 35,6 cm).
Février 2019.
© 2019, Louise Lamirande.

Le besoin de me connecter avec la terre et le réel afin de vivre dans un état d’équilibre plus sain entre le tangible et l’intangible est donc le dénominateur commun, la motivation profonde derrière ma démarche artistique depuis 2011, et ce même dénominateur affecte les autres aspects de ma vie depuis bien plus longtemps encore. Est-ce que je vais découvrir une autre motivation encore plus profonde dans l’avenir? Je n’en sais trop rien, mais de réaliser l’existence de ce fil conducteur derrière les œuvres que j’ai créées me permet de porter un regard différent sur elles.

Et vous?

Et vous, quel est le dénominateur commun sous vos œuvres?  Quelles sont vos motivations profondes à créer?….. Un indice? Jetez un regard sur les fondements  de votre vie et sur les grands événements qui ont forgé ce que vous êtes maintenant. Vous y trouverez probablement la réponse…

Merci de votre présence et à bientôt,

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