Avez-vous déjà vu des peintures qui regorgent de couleurs, mais qui, malgré tout, vous semblent fades et manquer d’attraits ? Vous est-il arrivé de vous retrouver devant un tableau ressemblant à une tapisserie et n’ayant aucun élément qui ressort plus qu’un autre ? Ou bien, avez-vous déjà vu une de ces peintures qui vous submergent tellement d’éléments visuels que si elle pouvait parler, ce ne serait pas un propos clair que vous pourriez entendre, mais plutôt le cri chaotique d’une foule ?

Photo : InternalEye / Pixabay.com

Photo : InternalEye / Pixabay.com

Le coupable : le contraste

Le contraste captive le regard et ajoute de l’intérêt à vos œuvres. Selon moi, l’une des erreurs les plus fréquentes en peinture, est le manque de contraste (le mot étant pris ici dans son sens large). C’est une chose que je constate trop souvent chez les artistes peu expérimentés et chez ceux n’ayant pas de formation en art. C’est aussi un point que j’ai moi-même beaucoup travaillé et auquel je dois encore constamment porter attention.

Aujourd’hui, je vous présente plusieurs moyens de modifier le contraste dans vos œuvres, ainsi que 3 astuces à retenir pour en tirer le meilleur parti. Il n’y a toutefois pas de recettes secrètes qui marchent pour tous et dans tous les cas. Vous devrez explorer les diverses options qui s’offrent à vous et décider ce qui convient le mieux à chaque situation.

Les sources de contraste

Voici une liste d’éléments à considérer lorsque vous souhaitez modifier le contraste dans vos œuvres. Dans le contexte de cet article, le contraste est synonyme de variante.

  • Les valeurs

Le clair, le foncé et toutes nuances de luminosité et d’ombre sont probablement l’une des choses les plus importantes à maîtriser en peinture. Il est facile de s’amuser avec les couleurs et d’oublier les valeurs. On se retrouve alors avec une peinture colorée, mais qui manque de punch. En fait, si l’on prenait une photo en noir et blanc de la peinture, on se retrouverait avec seulement du gris moyen et à peu près pas de contraste dans les valeurs. Plus les couleurs de votre peinture peuvent être associées à des valeurs très différentes sur l’échelle des gris allant de 0 à 10, plus votre peinture aura des valeurs contrastées.

En complément d’information, je vous invite à consulter l’article complet portant sur les valeurs publié sur le blog. Vous le trouverez ici.

Ci-dessous :

Exemple d’une peinture à l’aquarelle sur Yupo ayant très peu de contraste en matière de couleurs, valeurs, textures, formes et autres. Elle ne capte pas le regard et est en fait plutôt inintéressante.

  • Les couleurs

Un autre point important à considérer lorsque vous souhaitez varier le niveau de contraste de vos œuvres est la couleur. Beaucoup de débutants n’utilisent que des couleurs saturées (pures) provenant directement du tube ou du pot de peinture. Si c’est votre cas, pensez à varier avec des couleurs neutres, des froides, des chaudes, des claires, des sombres, et autres. Pensez aussi aux harmonies de couleurs : les analogues, les complémentaires, les tertiaires, etc. selon de degré de contraste que souhaiter créer. Jetez un coup aux deux articles suivants pour en apprendre plus sur les couleurs. Les bases de la peinture 1 : la théorie des couleursLes bases de la peinture 2 : les harmonies de couleurs

  • Les formes

Quelques variantes possibles : petites, grandes, constantes, irrégulières, pleines, vides, transparente, opaque, au contour net ou estompé, etc. Pensez aussi à l’espace négatif entre les formes.

  • L’espace positif et l’espace négatif

Consultez l’article : Les bases de la peinture 4 : les éléments du design, si vous ne connaissez pas cette notion et pour y voir une illustration de cet important élément du design.

  • Les lignes

Encore une fois, ce n’est pas la variété qui manque : fines, larges, droites, sinueuses, contrôlées, spontanées, constantes, fragmentées, hachurées, etc.

  • La texture

Inutile de dire que dans le domaine des textures, il y a là aussi beaucoup de possibilités. La variété ajoute habituellement de l’intérêt à une peinture.

Ci dessous :

Une autre peinture sur Yupo, mais cette fois-ci vous constaterez qu’il y a beaucoup plus de contraste.

"Le fruit des passions" Montage numérique à partir d'une peinture à l'encre sur papier Yupo. Octobre 2015. © Louise Lamirande

« Le fruit des passions »
Montage numérique à partir d’une peinture à l’encre sur papier Yupo.
Octobre 2015.
© Louise Lamirande


3 astuces à retenir

Voici 3 astuces pour orienter vos choix en matière de contraste. Testez-les !

1. Trop en faire, ce n’est pas mieux.

Imaginez un plancher de cuisine en damier noir et blanc. Le contraste est fort, c’est dynamique, ça fait chic et à petite dose, c’est joli (mais pas facile à garder propre par contre, et je parle par expérience;-) )… Imaginez maintenant qu’il y a de ce damier noir et blanc partout dans la pièce : sur le comptoir, les murs, le plafond, le frigo et même les rideaux ! De quoi en avoir le tournis et se mettre à détester ce motif, n’est-ce pas ?

C’est la même chose avec le contraste en peinture. Trop en faire, ce n’est pas mieux. Tout est une question de dosage. Par exemple, vous pouvez avoir des zones contrastées dans votre peinture, mais laissez aussi des endroits moins contrastés afin que l’œil puisse se reposer et l’observateur respirer.

2. Évitez le ratio 50%-50%.

Cette astuce  va dans le même sens que la précédente. Il s’agit d’éviter un ratio 50%-50% et de plutôt en favoriser un de 90%-10%, 80%-20% ou de 70%-30%. Je m’explique…

Par exemple, si vous avez décidé que votre peinture serait composée principalement de 2 couleurs comme du rouille foncé et du turquoise clair, n’utilisez pas ces deux couleurs dans une proportion égale de 50% de l’une et 50% de l’autre. Pour ajouter plus d’intérêt et de contraste à votre œuvre, choisissez laquelle des couleurs dominera et utilisez-la dans une plus grande proportion que l’autre. Allez-y approximativement pour du 70/30, du 80/20 ou du 90/10 pour un effet encore plus intense et dramatique.

Cette recommandation est non seulement valide pour le contraste des couleurs, mais aussi celle de la lumière, des lignes, des textures, etc.

3. Le contraste maximal au centre d’intérêt.

Voici une astuce très efficace. Pour vous aider à mieux la comprendre, je vais encore vous demander de faire une petite visualisation.

Imaginez une comédienne silencieuse, seule sur une scène plongée dans le noir. Maintenant, un projecteur s’allume et l’éclaire, d’un faisceau étroit. Toute l’attention est dirigée sur elle. Elle est le centre d’intérêt.

Si d’autres comédiens montent sur scène, mais restent dans le noir, l’attention ira toujours à la comédienne de départ. Si par contre plusieurs projecteurs illuminent les autres acteurs alors le regard des spectateurs ira de l’un à l’autre jusqu’à ce qu’un des comédiens bouge ou prenne la parole et sorte du lot.

Si vous souhaitez mettre en valeur une zone précise de votre peinture, vous devez attirer le regard vers celle-ci. Allumer et diriger le projecteur vers cette zone. Le plus efficace est de faire en sorte que ce centre d’intérêt soit aussi la zone de votre œuvre ayant le plus haut niveau de contraste.

À vous maintenant ! Amusez-vous à explorer les diverses façons d’ajouter du contraste à vos œuvres et vous verrez à quel point elles s’en trouveront transformées.

1136 mots plus tard, merci d’être encore là !!

À bientôt,

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