Dans le domaine créatif, la culpabilité se présente sous de multiples visages. Ses effets pervers sont responsables de beaucoup de malaises et de souffrances qui vont parfois jusqu’à freiner ou même totalement bloquer notre expression créative. Pourtant, je trouve qu’on en parle peu et c’est vraiment dommage parce que c’est un problème bien réel.

Aujourd’hui, je vais donc parler de culpabilité et vous proposer quelques façons d’en réduire les effets négatifs.

« Sauvage et libre »

Monotype à l’acrylique sur papier.
8 x 10 po (20,3 x 25,4 cm) sur papier 11 x 14 po (27,9 x 35,6 cm).

 

"Sauvage et libre". Monotype à l'acrylique sur papier. 8 x 10 po (20,3 x 25,4 cm) sur papier 11 x 14 po (27,9 x 35,6 cm). Décembre 2018. © 2018, Louise Lamirande.

« Sauvage et libre ».
Monotype à l’acrylique sur papier.
8 x 10 po (20,3 x 25,4 cm) sur papier 11 x 14 po (27,9 x 35,6 cm).
Décembre 2018.
© 2018, Louise Lamirande.

Des exemples

Voici des exemples de situations en rapport avec le domaine créatif pouvant occasionner de la culpabilité :

  • Prendre de votre temps pour faire ce que vous aimez : peindre, dessiner, faire du collage ou autre.
  • Acheter du matériel d’art ou de loisirs créatifs et ne pas vous en servir pour une raison ou une autre.
  • Ne pas terminer un défi de x jours.
  • Ne pas terminer un cours ou des leçons auxquels vous vous êtes pourtant inscrit(e) avec enthousiasme.
  • Ne pas peindre autant que vous pensez qu’il est nécessaire de le faire.
  • Ne pas présenter votre portfolio à cette galerie qui semble pourtant idéale pour vos œuvres.
  • Préférer rester confortablement chez vous plutôt que d’aller visiter des expositions et établir des contacts avec d’autres artistes et amateurs d’art.
  • Éviter d’affronter vos peurs et fuir ou procrastiner à la place.
  • Dépendre financièrement de quelqu’un d’autre pour vous adonner à vos activités artistiques.
  • Puiser dans vos économies pour suivre des cours et acheter le matériel nécessaire à la poursuite de votre loisir.
  • Avoir l’impression de ne pas en faire assez.
  • Avoir du succès alors que tant d’autres n’en ont pas.
  • Et j’en passe…

Vous vous reconnaissez dans l’une ou l’autre de ces situations? Ce n’est pas étonnant. La culpabilité a vraiment le don de s’immiscer sous différentes formes.

"Dans les temps anciens" Monotype à l'acrylique sur papier Bristol. 8 x 10 po (20,3 x 25,4 cm) sur papier 11 x 14 po (27,9 x 35,6 cm). Octobre 2018. © 2018, Louise Lamirande.

« Dans les temps anciens »
Monotype à l’acrylique sur papier Bristol.
8 x 10 po (20,3 x 25,4 cm) sur papier 11 x 14 po (27,9 x 35,6 cm).
Octobre 2018.
© 2018, Louise Lamirande.

Quoi faire de la culpabilité

Voyons maintenant quelques mesures simples que vous pouvez entreprendre afin d’alléger le fardeau de la culpabilité.

Notez que je ne suis pas psychologue, ni psychothérapeute.  Si vous éprouvez de sérieux problèmes de culpabilité, consultez un professionnel qui saura vous soutenir adéquatement.

  • Reconnaissez qu’il y a un problème, ou du moins, une difficulté. La première chose à faire est de reconnaître ce que vous vivez et ressentez.
  • Identifiez, si possible, de quel type de culpabilité il s’agit, ainsi que sa cause. Il existe deux principaux types de culpabilité :
    1. La culpabilité ayant une cause réelle découlant de gestes, de paroles ou de faits précis.
    2. La culpabilité ayant une cause diffuse répondant plus au sentiment, à la sensation d’être coupable, mais non causée par une action directe. Elle est parfois due à des croyances, des valeurs non respectées ou des attentes non comblées.
  • Apprenez de vos erreurs. Au moins, la culpabilité aura un impact bénéfique puisqu’elle vous permettra de modifier votre comportement ou vos actions.
    • Que feriez-vous différemment si vous le pouviez ?
    • Que comptez-vous faire si une telle situation se reproduit ?
  • Réfléchissez aux moyens à prendre pour corriger la situation.

Par exemple, si chaque fois que vous entrez dans un magasin vendant du matériel d’art vous en ressortez avec des sacs pleins de trucs dont vous ne vous servez jamais ou qu’une seule fois, demandez-vous comment vous pourriez corriger la situation.

Pour ma part, j’utilise le truc suivant. Je dresse une liste du matériel dont je pense avoir besoin pour réaliser mes expériences en peinture. J’attends ensuite quelques semaines avant d’aller au magasin. Je me suis rendu compte que mes envies fluctuent énormément avec le temps. Un instant ces produits me semblent essentiels, mais plus tard, je n’en ressens plus autant le besoin, ou même plus du tout. Attendre me permet de faire le tri entre ce qui est vraiment essentiel et va me servir dans ma pratique et ce qui me tenterait, mais n’est en fait qu’une envie éphémère. Bien sûr, si j’ai besoin de blanc de titane pour terminer une peinture, je ne vais pas attendre plusieurs semaines avant d’en acheter, mais je préfère le faire lorsqu’il s’agit de nouveau matériel ou de trucs découlant d’une impulsion.

  • Si d’autres personnes sont impliquées, parlez-en avec elles. Si par exemple vous vous sentez coupable de prendre du temps pour vous adonner à une activité que vous aimez comme celle de faire de la peinture parce que vous pensez que c’est du temps que vous devriez plutôt consacrer à votre famille et à ses besoins, discutez-en !

Si vous êtes un parent, un conjoint ou une conjointe, sachez qu’en étant plus heureuse et plus épanoui en ayant ne serait-ce qu’un peu de temps pour vous, votre bonheur ne pourra que se transmettre dans votre vie de famille.

Pensez aussi au modèle que vous transmettez à vos enfants. Est-ce que vous souhaitez vraiment qu’ils apprennent à nier leurs besoins et à oublier ce qu’ils aiment faire ? Ne désirez-vous pas leur bonheur ? Ils souhaitent probablement la même chose pour vous.

Discutez avec les membres de votre famille et voyez quels sont les moments les plus propices pour vous adonner à vos loisirs sans trop perturber vos tâches habituelles ou le temps consacré aux autres membres de votre famille. N’hésitez pas à déléguer une partie de ces tâches au besoin! Dans son livre « Créer le meilleur de soi », Manon Lavoie propose plusieurs activités pour vous reconnecter à votre créativité qui ne prennent que peu de temps. Ça peut être un bon point de départ.

  • Si vous avez blessé une personne ou pensez l’avoir fait, discutez-en avec elle. Parfois, on s’imagine beaucoup de choses qui ne sont pas réelles. Il vaut mieux en parler à la personne concernée au lieu de se faire tout un scénario dans sa tête et de souffrir pour rien.  Cependant, s’il y a réellement eu blessure, malaise, ou source de conflit, demandez pardon et voyez avec elle comment en venir à une situation convenant à toutes les parties concernées.
"Un pays de chimères" Monotype à l'acrylique sur papier Bristol. 8 x 10 po (20,3 x 25,4 cm) sur papier 11 x 14 po (27,9 x 35,6 cm). Octobre 2018. © 2018, Louise Lamirande.

« Un pays de chimères »
Monotype à l’acrylique sur papier Bristol.
8 x 10 po (20,3 x 25,4 cm) sur papier 11 x 14 po (27,9 x 35,6 cm).
Octobre 2018.
© 2018, Louise Lamirande.

Les valeurs et les croyances

Si la cause prend sa source dans des préceptes religieux, des pressions sociales, d’anciennes valeurs familiales ou personnelles, voyez si ces valeurs, ces lois implicites ou ces croyances sont toujours d’actualité et valables dans votre vie actuelle. Si c’est le cas, modifiez votre comportement en conséquence. Sinon, c’est plus que le temps d’actualiser vos croyances et vos valeurs et de cesser de vous culpabiliser

Les attentes irréalistes

La culpabilité tire parfois son origine dans des attentes irréalistes.  Par exemple, si vous commencez à peine à apprendre à dessiner ou à peindre, pensez-vous qu’il soit réaliste d’atteindre la perfection dès le départ ? Bien sûr que non, mais c’est tentant de le faire quand même n’est-ce pas 😉

Pardonnez-vous. Nous sommes tous faillibles, mais heureusement, nous avons aussi le potentiel de nous améliorer, d’apprendre et d’orienter nos paroles et nos actions dans une nouvelle direction.

En terminant

J’espère que ces quelques suggestions vous aideront à vous délester de la culpabilité et contribueront à l’épanouissement de votre créativité sans ce frein majeur. Si la culpabilité est un réel problème dans votre vie créative et votre vie en général, n’hésitez pas à recourir aux services d’un psychologue, d’un psychothérapeute ou autre pour vous aider  à y voir plus clair et à vous en sortir.

Merci de votre présence et à bientôt,

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